TIERS MONDE - Mon Mandat

TIERS MONDE - Mon Mandat
Bombe de chez Din Records, Tiers Monde de Bouchées Doubles nous lâche ici un méchant morceau sur la prison...il a tout compris je crois....


Nos gosses traînent, dans des blocks obscènes,
Poussent à peine qu'on leur tend de grosses peines,
Aux assises, c'est l'gospel,
Nos mères pleurent des fontaines de mètre cube en centaine,
Séparés au scalpel du fisc,
Quel juge verrait un khrel comme son fils?
Quel magistrat ne mêle pas couleur et coupable ?
Il n'y a pas de vrai procès équitable!
Ils parlent des Droits de l'Homme et lisent nos courriers,
Moi j'dis qu'les pénitenciers ont un goût d'négrier,
L'acier remplace le fouet, la promenade les cotonniers,
Comme chant d'esclaves c'est du rap chantonné,
Une vie dans un pays qui, isole les ghettos,
QUI, construit des taules quand il faut des hôpitaux,
QUI, ordonne aux parents d'éduquer sans frapper,
Puis viennent chez toi matraquer, du benjamin au cadet !
Faut arrêter d'accuser les mères de merdeux !
On est élevé par l'école jusqu'à BAC -2 !
La prison c'est comme un bizness ou un concert,
Tu tombes car ça marche mieux quand l'Etat fait sale comble !
Les juges ces sales cons n'écoutent pas c'qu'on raconte,
Ecroués, mandat d'dépot, ça sert à qu'dalle que tu contres,
Ca sert à qu'dalle que tu comptes sur tes potes,
Deux trois mandats de ces fiottes puis dans leurs coeurs tu décotes,
Revenons à c'qui nous met en hass,
Est-ce plus facile d'incarcérer que de comprendre la jeunesse ?
Est-ce plus facile au dealer d'écoper,
Devant leurs pères sont traités comme des violeurs handicapés,
Nos conditions de vie pas supportables,
Ici avaient fait de moi un voleur d'poste et portables!
Ont fait de nous des débrouillards avec un but précis,
Des imbéciles qui se foutent du port d'arme,
Alors écoute sale chien, entends sale chien,
Depuis quand l'être humain s'prend pour Dieu sale chien !
Injuste sale chien! J't'insulte sale chien,
Dans tes lois ta justice rien n'est juste sale chien !
Ecoute sale chien, entends sale chien,
Depuis quand l'être humain s'prend pour Dieu sale chien !
Injuste sale chien! J't'insulte sale chien,
Dans tes lois ta justice rien n'est juste sale chien !
Ces chiens d'la casse en ricanent,
Lorsqu'on rentre au mitard fièrement comme l'a fait Hurricane,
Je pleure des jerricanes sur vos lois d'Sheytan,
Mon ethnie coupable entre le marteau et la table!
Entre le bien et le mal, le choix de Mustapha,
Sait bien qu'on devient pas millionnaire avec un BAFA,
L'animateur devient rabatteur, au pire des cas,
J'lui souhaite de trouver un bon avocat,
L'égalité des chances nous mène au Goulag,
Est-ce un gag ? nous on compte pas sur monsieur Bégag,
Mes gars s'égarent, s'endurcissent du regard,
Hagard, car la France les a bien hagare!
C'est pas une vie, réveillé par les mattons,
Fouillé, descente en promenade, puis s'embrouiller,
C'est pas une vie d'passer les fêtes au mitard,
Oublié, menotté sur un lit d'hôpital,
C'est pas une vie d'être en deuil en milieu carcéral,
Car ils refusent que t'assistes aux funérailles,
Mais bon, dans tes lettres tu te poses des questions,
C'est pas une vie, il faut des semaines pour finir une conversation,
Donc la musculation devient notre hobby,
Attendant qu'l'instruction fasse la photocopie,
Nos parents prennent le train comme raccourci,
Les soucis prennent aussi leur espérance de vie,
Coïncidence, plus t'es blanc plus t'es blanchi,
En zone franche, aucun esclave n'est affranchi,
L'Apartheid, dans les têtes et dans les esprits,
Une carte d'UMP dans chaque enveloppe du jury,
Ils emprisonnent pour gagner les élections,
Une, feinte de plus pour stopper la Révolution,
Exterminèrent les Blacks Panthers avec l'héro' et le crack,
Ils nous auront avec du shit et des plaques,
Et des années d'prison, demande à Almamy,
Sabiro, Mamoudou dit "papi"!
On n'sait plus c'que veut dire HAPPY,
On voit pas la vie en rose mais en vert kaki !
Bi'llahi, Ma mère a beaucoup maigri,
Chaque nuit, il se réveille, réglé comme une minuterie,
Bon ou mauvais juge, je ne fais plus le tri,
Donne des années de prison comme de la loterie,
Moquerie, les bons baveux nous mettent en galère,
Pour un jour à plaider, nous prennent un an de salaire !
Je dis, qu'un innocent en prison devient un criminel,
C'est clair, Un criminel en prison reste un criminel c'est clair !

Je dis, qu'un innocent en prison devient un criminel,
C'est clair, Un criminel en prison reste un criminel c'est clair !

Soutiens tes proches en visite au parloir,
Chaque lettre est un hélicoptère dans la promenade,
J'te rends hommage, écroué, qui sourit quand ça va mal,
Eviter qu'la mifa soit malade,
Hommage, à ces femmes souvent contrecarrées,
Enceintes, comment tenir dans un 9m² ?
En chien dès l'avenir, un enfant est né à Fresnes,
Enfermé, n'a enfreint aucune règle !
Pour qu'on s'en sorte faut un miracle,
Pointe au chômedu, celui qu'a voulu juger Chirac,
Black, j'suis couleur obstacle !
Couleur jugement bâclé, portes fermées à clé !
Bouclé, cohabité avec un inconnu,
Ignores-tu c'que ça fait de chier devant son co-détenu ?!
Prévenu, de c'que les huissiers t'prennent,
Voilà leur méthode pour te prendre ta dignité humaine,
Alors on pleure, des larmes diluviennes,
Il pleut des cordes demande à Saddam Hussein,
Des jeux de mots avec toute leur poubelle !
« Tare la par là » Fleuryssant tes bonnes nouvelles !
Mauvaise nouvelle ils détestent nos ghettos,
Les vendeurs de bédo prennent plus que les prêtres pédo',
Prennent plus, grosso modo,
Qu'n'importe quel homme d'affaire détourneur de millions d'euros,
C'est la même quoi qu'il deal,
En France encore beaucoup d'Patrick Dils,
Et quoi qu'ils disent, c'est notre feu qu'ils attisent mon frère,
Une gestape prend feu en guise de bougie d'anniversaire,
Le poing en l'air c'est ma manière de vous faire un mandat,
Moussa, Ibrahim, Oumar, Samba,
Le poing en l'air c'est ma manière de vous faire un mandat,
Ma manière de vous faire un mandat...

Télécharger le morceau

Blog d'un frère pour plus d'infos sur Din Records


"Celui qui ouvre une prison doit savoir qu'on ne la fermera plus" MARK TWAIN
# Posté le vendredi 24 avril 2009 17:37

Vidéo Dailymotion

# Posté le vendredi 24 avril 2009 16:57

Lorenzo la rafale, bientôt l'album "HONNEUR ET PRINCIPES" chAllah!!!

Lorenzo la rafale, bientôt l'album "HONNEUR ET PRINCIPES" chAllah!!!
# Posté le mardi 02 juin 2009 15:30

Sans‐papiers : des associations protestent contre les interpellations d'aidants .La presse en parle

Sans‐papiers : des associations protestent contre les interpellations d'aidants  .La presse en parle
Vous pouvez visionner ci-joint une revue de presse remise à jour des médias qui ont relayé la démarche du collectif délinquants solidaires.
Revue de presse / 26 mars 2009

Désobéissons ! Aidons des sans‐papiers !
# Posté le vendredi 10 avril 2009 13:38

« Si la solidarité devient un délit, nous demandons à être poursuivis pour ce délit !

« Si la solidarité devient un délit, nous demandons à être poursuivis pour ce délit !
Mercredi 8 avril : « Si la solidarité devient un délit, nous demandons à être poursuivis pour ce délit ! »

Mercredi 8 avril, dans plusieurs dizaines de villes de France, des milliers de personnes, décidés à rester des « aidants » solidaires, se rendront devant les différents palais de justice pour se constituer prisonniers.


Parce qu'aujourd'hui, en France, accueillir, accompagner ou simplement aider une personne sans‐papiers est devenu un délit...


Comme le précise l'article L622‐1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile: « toute
personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l'entrée, la circulation ou le séjour irrégulier d'un étranger en France sera puni d'un emprisonnement de 5 ans et d'une amende de 30 000 euros ».


Parce que le gouvernement français s'est donné comme objectif en 2009, l'interpellation de 5 000 aidants et de 5 500 en 2011, en assimilant citoyens solidaires et militants bénévoles aux trafiquants de main d'oeuvre et autres passeurs....


Mercredi 8 avril, nous serons donc des milliers affirmant avoir un jour aidé un homme ou une femme sans papiers en difficulté. Nous serons des milliers de citoyens décidés à rester des « aidants » » et à affirmer que l'humanité et la solidarité sont des principes supérieurs sans lesquels il n'y a pas de société digne de ce nom.


Cette mobilisation citoyenne nationale ne sera qu'une première étape. Quelques jours plus tard, une proposition de loi rédigée par le collectif associatif sera portée devant le Parlement. Cette proposition visera à :
• réaffirmer le principe de l'accueil inconditionnel dans les structures associatives susceptibles
d'accueillir des migrants ;
• dépénaliser les « aidants »
• interdire les interpellations de personnes en situation irrégulière dans les lieux
d'accompagnement et d'accès aux droits (éducation, santé...)
Aujourd'hui, en France, accueillir ou simplement aider une personne sans papiers est devenu un délit... - Voulez-vous vous déclarer « délinquant de la solidarité » et vous enregistrer comme participant au 8 avril ?
- Voulez-vous signer la pétition exigeant la modification de la loi qui pénalise la solidarité ?
Cliquez ici pour visiter le site www.delinquants-solidaires.org


- Pour lire la déclaration commune, signée par la LDH, appelant à la mobilisation citoyenne du mercredi 8 avril dans plusieurs dizaines de villes en France, intitulé « Si la solidarité devient un délit, nous demandons à être poursuivis pour ce délit ! », cliquez ici

Infos complémentaires sur le site du Réseau Education sans Frontière



À L'AGENDA
mercredi 08 / 04/ 09 RDV à :

* Aix en Provence (13) à 18H Rassemblement "Non au délit de solidarité" RDV Devant les marches du Palais de jsutice d'Aix.

*Marseille (13) à 13h devant le Palais de Justice - 6 place Monthyon 13006 Marseille

Les autres points de rassemblements et horaires pour les autres villes sont consultable ici , voir l'agenda à droite de la page web



********* D'ici là, pour tout renseignement ou pour faire part de votre participation, n'hésitez pas
à prendre contact avec Teddy Roudaut : troudaut@emmaus-france.org – 01 41 58 25 32


SOYEZ NOMBREUX A NOUS REJOINDRE !
# Posté le jeudi 02 avril 2009 13:17
Modifié le jeudi 02 avril 2009 22:01

Proz13_1solenTes MARRE de vivre sur la planète TAIRE???! ******** " Changeons de regard " *******!!!!! (?????$$$$?????)

Liberté, égalité, fraternité : Nationalités???Des pays????
UNE planète.......UNITÉ,
NOTRE planète!!!!.................HUMANITÉ!
Etrangers?!!?
Exclusions,Discriminations, Répressions, Sanctions, Réclusion................. : des"Mots" à Bannir;
Egoïsme, individualisme, défaitisme,hypocrisie, jalousie,rascisme....................:des MAUX à Guérir !!
Rétention (de sureté?!?), Détention, ................................. : des Murs à Détruire!!!!
Un message à tous ceux qui on en MARRE de vivre sur la planète TAIRE : Œuvrons pour ouvrir les consciences!!!

On ne naît pas tous égaux MAIS cessons d'abord d'être rivaux, pour espérer demain!!marcher ENSEMBLE avec et dans le respect de nOs DiFFERENCES. Réapprendre le partage et réinstaller cette notion du partage dans les esprits, ce n'est qu'un point de départ parmi tant d'autres.
A tous ceux qui ont l'impression de vivre dans un monde pas fait pour eux, commençons par construire Nos Propres RéSeAuX ,et luttons pour une (Re)construction parallèle du "Pouvoir du peuple Par le peuple Pour Le Peuple", l'union fait la force et avec de l'ambition on avance. On ne refait pas le monde en une nuit, et je ne détient pas La solution , mais je crois quelle est en nous, en notre génération. Et si on peux faire de demain une époque transitoire, pour ne pas offrir à nos enfants un héritage aussi désastreux que celui qui est entre NOS mains aujourd'hui alors il faut commencer par "changer de regard.,"

" Il y a en chacun de nous les mots de la Vie et les mots de l'Amour qui naviguent en aveugles à la recherche d'une île ou d'une écoute.....Les uns sur les flots et les tempêtes du besoin, les autres dans les méandres du désir ou les dérives du rêves.
En donnant sa chance à chaque instant peut naître le désir de s'engager, d'aller plus loin, de construire au delà du merveilleux éphémère de l'instant, la durée ardente et apaisée. S'engager au delà de la rencontre, dans le rêve partagé et amplifié. S'engager avec nos différences vers un avenir ensemble. S'engager aujourd'hui pour celui que chacun d'entre nous est , envers ce que chacun de nous peut être, pour construire au quotidien un futur à inventer. S'engager pour l'entraide et le soutient , pour la ferveur d'être nombreux à construire un avenir en commun.............."



" Changeons de regard
, seulement de regard, tout le reste suivra et même nous précèdera...................Et puis viendra le temps, j'ose espérer pour chacun, où, avec l'appui d'un amour unique,,il devient possible de s'allier et de se fondre dans l'amour universel. "

Jacques Salomé.

# Posté le lundi 05 mai 2008 05:59
Modifié le samedi 18 octobre 2008 11:38

Quel futur pour les jeunes délinquants ?

Quel futur pour les jeunes délinquants ?




Cette pétition s'adresse ...

* aux parents, grands-parents, oncles, tantes... d'enfants et d'adolescents,

* aux enseignants, médecins, professionnels de santé, psychologues, magistrats, travailleurs sociaux, avocats... ayant des liens avec des enfants et des adolescents,

* aux artisans, commerçants, chefs d'entreprises, salariés... ayant des liens avec des apprentis ou de jeunes stagiaires,

* aux élèves, apprentis, stagiaires, étudiants de plus de 18 ans,

* aux enfants âgés de plus de 12 ans (s'ils sont en âge d'être pénalement responsables, on peut légitimement penser qu'ils sont aptes à signer une pétition - après accord des parents).

Qui ne s'est pas interrogé, un jour, sur la façon de réagir face à des actes de délinquance commis par des enfants et des adolescents ?

Le législateur souhaite réformer l'ordonnance du 2 février 1945 et nous sommes tous concernés par les débats qui vont s'engager : comment apprendre à un enfant ou à un adolescent le respect de la loi pénale et le respect de l'autre ? A quels engagements sommes-nous prêts, nous les adultes, pour répondre efficacement à la délinquance des jeunes ?... qui peuvent être le fils de notre voisin, l'une de nos élèves, un jeune cousin, notre fils ou petit-fils.

Il est tout à fait légitime que la société exprime ses inquiétudes et fasse entendre ses demandes en terme de sécurité et d'attention portée aux victimes et nous acceptons certaines propositions intéressantes du rapport Varinard.

Mais nous voulons aussi témoigner et faire entendre notre expérience d'hommes et de femmes et pour beaucoup d'entre nous, notre expérience professionnelle, multiple et complémentaire, dans un domaine particulièrement complexe.

Nous voulons que nos parlementaires entendent notre volonté de citoyens d'aborder la question de la délinquance des jeunes autrement que sous le seul angle de la défiance, de l'insécurité et de l'exclusion. Nous voulons témoigner des particularités des actes de délinquance commis par des adolescents et des processus à l'oeuvre pour (ré)apprendre la loi pénale à l'âge où l'enfant et l'adolescent sont en train de construire leur personnalité .

Nous voulons témoigner que contrairement aux idées reçues, la justice apporte déjà, depuis de nombreuses années, des réponses répressives et sévères aux actes de délinquance des jeunes. Pourquoi renforcer toujours plus cette orientation alors que l'actualité ne confirme pas son efficacité ?

Nous refusons les propositions de réforme portant atteinte aux droits de l'enfant et aux engagements internationaux de la France, comme l'enfermement des enfants de 12 ans (voir responsabilité pénale, détention, conventions internationales).

Pourquoi juger les adolescents comme s'ils étaient déjà des majeurs en créant, par exemple, un tribunal correctionnel des mineurs ? Pourquoi même, dans certains cas, les soumettre à des régimes plus sévères que celui des majeurs ?

Nous refusons les propositions de réforme qui banalisent l'enfermement des enfants et des adolescents et qui donnent l'illusion qu'il suffit de punir ou de contraindre pour faire évoluer l'enfant ou l'adolescent ...et ses parents.

Pourquoi appauvrir la qualité des décisions du Tribunal pour enfants en réduisant le rôle des représentants de la société civile que sont les assesseurs de ce tribunal ?

Nous refusons les propositions de réforme qui confirment le désengagement de la PJJ et de l'Etat dans la protection de l'enfance en danger et dans les mesures d'accompagnement des jeunes majeurs. Ce désengagement fait écho à celui qui se manifeste déjà en matière d'éducation, de santé, d'insertion, de logement... . Il renforce l'illusion que tout est affaire de volonté personnelle et que les difficultés peuvent se traiter indépendamment des fragilités sociales auxquelles sont confrontés certains parents et enfants.

Au-delà même de ces analyses juridiques il faut oser dénoncer l'inefficacité de ces propositions de réforme pour endiguer la récidive. Elles s'appuient sur l'automaticité et l'escalade dans les réponses et ne prennent pas assez en compte l'évolution de l'adolescent qui peut alterner périodes de crise et d'apaisement. Nous proposons des juridictions de la jeunesse, véritablement spécialisées et respectueuses des seuils de maturité que les enfants et les adolescents franchissent progressivement. Nous proposons que la procédure permette d'alterner avec souplesse les mesures d'éducation et de répression, en cohérence avec le parcours de l'adolescent.

Il faut oser dénoncer le « tout pénal » comme seule réponse politique aux violences individuelles ou collectives des jeunes et refuser le dénigrement du travail de lien que tissent, sur le terrain, les citoyens, les élus, les bénévoles et les professionnels qui sont au contact des enfants et des adolescents en grandes difficultés. Nous proposons de réhabiliter le travail associatif, social, éducatif et thérapeutique, comme corollaire fondamental de l'intervention judiciaire.

Il faut oser dénoncer les sommes qui sont consacrées à l'enfermement des enfants et des adolescents au détriment des mesures de prévention et d'accompagnement éducatif. Nous proposons de les employer à développer les réponses sociales, éducatives et thérapeutiques aujourd'hui menacées, à soutenir l'aide aux familles, à permettre l'accès aux soins des enfants et adolescents en difficultés et à favoriser les réponses innovantes dans tous ces domaines.

Il faut oser dénoncer l'absurdité du « découpage » de l'enfant ou de l'adolescent en mauvais élève, enfant malade, enfant en danger, mineur délinquant ... et le cloisonnement insidieux des services de l'Education Nationale, des Conseils Généraux, de la Santé et de la Justice, tout comme le projet, parfois évoqué, de créer un juge des enfants pour les enfants en danger et un autre pour les délinquants. Nous proposons de favoriser le travail en réseau des professionnels et des services pour que l'enfant ou l'adolescent en grandes difficultés soit considéré comme un sujet, digne de la mobilisation des adultes et de la société.

Nous voulons contribuer au débat démocratique qui va s'engager au Parlement pour réformer l'ordonnance du 2 février 1945.

Nous lançons cet appel pour que nos parlementaires prennent en compte nos inquiétudes, nos analyses et nos propositions lors de l'adoption de cette réforme qui engagera notre société sur la façon dont elle veut traiter sa jeunesse.


SIGNER LA PETITION


Retrouver de nombreuses informations sur le monde carcéral :

Sur le site officiel du Groupement Etudiant National d'Enseignement aux Personnes Incarcérées
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# Posté le mercredi 04 mars 2009 18:09

APPEL PETITION POUR LA FERMETURE DES EPM SNPES-PJJ / FSU

Cliquez sur le lien :

pour signer la pétition pour la fermeture des EPM

Parmi les 7 Etablissements Pénitentiaires pour Mineurs, prévus par la loi Perben I de septembre 2002, 5 ont été ouverts à grand renfort d'une communication gouvernementale démagogique. Ainsi, le précédent Garde des sceaux se plaisait à proclamer que l'objectif des EPM serait «de faire tourner la détention autour de la salle de classe». Non ! L'objectif des EPM est bien d'augmenter l'incarcération et invoquer la salle de classe est une façon de minimiser le poids des murs, du système disciplinaire, de l'isolement et le but punitif de la prison.

Plus récemment, malgré le suicide d'un adolescent à l'EPM de Meyzieu le 2 février 2008 Rachida Dati l'actuelle Garde des Sceaux en rajoutait dans la banalisation. Elle affirmait « il faut pérenniser ce type de structures, elles ont fait leurs preuves ».

La Ministre, obnubilée par la promotion de ces nouvelles prisons, en tire avant l'heure un bilan positif. Le suicide d'un adolescent n'est qu'un accident regrettable lorsqu'il s'agit de mettre en œuvre une politique de répression toujours plus forte à l'égard des mineurs qui commettent des délits.
Dans le droit fil des propos du président de la République pendant la campagne électorale, qui déclarait qu'un adolescent très grand et violent ne pouvait être considéré comme un mineur, sa Ministre de la justice annonce pour 2008 une refondation de l'ordonnance de 1945.

Au prétexte d'un changement de nature de la délinquance des mineurs, elle propose d'appliquer aux plus âgés le droit pénal des majeurs, et d'infliger des peines à des enfants de plus en plus jeunes. Trahissant l'esprit de l'ordonnance de 1945, le gouvernement fait le choix de répondre aux actes délictueux par la seule logique de l'enfermement, écartant la nécessaire recherche des causes de ces passages à l'acte qui seule pourrait en éviter la réitération.

La création de nouvelles prisons est emblématique de cette politique. Elle encourage l'incarcération, allant jusqu'à lui conférer des vertus de réinsertion, en dépit de tous les constats généralement admis.
Depuis l'ouverture du premier EPM début 2007 de nombreux incidents violents se sont multipliés dans ces établissements entraînant des opérations de maintien de l'ordre, des mesures d'isolement pour les jeunes et des consignes de silence en direction des personnels. Ce climat de violence est accentué par la prégnance des activités intensives et obligatoires. Les mouvements de rébellion qui éclatent dans les EPM, focalisent les personnels sur les moyens disciplinaires pour soumettre les mineurs. Alors, la souffrance des adolescents, renforcée par l'enfermement, ne peut être entendue.

N'oublions jamais que les adolescents qui commettent des délits ont vécu des difficultés profondes et anciennes, des situations de violence et de prise de risque, et peuvent porter atteinte à leur propre intégrité physique. L'incarcération qui est une rupture supplémentaire, renforce les risques de passages à l'acte violent tournés contre les autres ou contre eux-mêmes. Le souci du soin et de l'éducation pour prévenir les mises en danger des détenus, est contradictoire de fait, avec la logique punitive du système carcéral.

Pourtant ces prisons sont présentées comme des lieux d'éducation et ceux qui parlent d'éducation par la prison font semblant d'oublier qu'elle renforce toujours l'exclusion et favorise la récidive. Pour des jeunes en situation d'exclusion sociale, le risque existe pour beaucoup d'entre eux de se construire une identité de délinquant et de se réfugier dans un statut de « taulard ». Fernand Deligny disait « Etre un vaurien vaut mieux que n'être rien ».

L'ordonnance de 1945, posait le principe du caractère exceptionnel de l'incarcération. C'est à partir du constat des effets pathogènes des lieux d'enfermement que les centres d'observation pour mineurs dans les prisons ont été fermés dans les années 1970. Déjà, à l'époque de la création de ces centres, ils avaient été présentés comme innovants au nom de la présence d'éducateurs de la PJJ au sein de la détention.

De tous temps, que ce soit au nom d'une observation des mineurs comme hier, d'une amélioration des conditions de détention comme aujourd'hui les « prisons modernes » ont toujours conduit à une augmentation de l'incarcération. Les 4 premiers EPM sont aujourd'hui complets, dans certaines régions les quartiers mineurs des prisons restants sont saturés.

Ainsi, le gouvernement privilégie l'incarcération des adolescents en créant les EPM au détriment des structures éducatives. Un seul de ces EPM de 60 places équivaudrait à 6 foyers éducatifs de 10 places et 8 services d'insertion professionnels pour 250 mineurs ainsi que 10 services de milieu ouvert soit 1500 jeunes suivis. Ce sont là des modalités de prise en charge éducative qui ont fait la preuve de leur efficacité.

C'est également ce que préconise la Convention Internationale des droits de l'enfant qui impose la recherche de solutions éducatives pour les jeunes délinquants.

Il existe en France un à deux millions d'enfants pauvres, la précarité et l'exclusion s'aggravent. Ce sont là des facteurs qui détruisent le lien social, accentuent l'isolement et le repli des familles, multipliant ainsi les risques de passage à l'acte au moment si tourmenté de l'adolescence. Au lieu de renforcer l'accompagnement éducatif et social qui peut limiter les répercussions négatives de la précarité sur la construction psychique des adolescents, le choix est fait pour ceux-ci, d'ajouter l'exclusion de l'incarcération à l'exclusion sociale.


Nous soutenons que les moyens pour l'accompagnement éducatif doivent primer sur les dispositifs d'enfermement.

Nous dénonçons une politique qui réduit les jeunes délinquants à leurs seuls passages à l'acte, les enfermant ainsi dans une identité de délinquant.

Nous dénonçons une politique qui en s'appuyant sur le déterminisme social et comportemental décrète l'inéluctabilité de certains adolescents et ce faisant nie leurs possibilités de reconstruction et de perspectives d'avenir.

Nous nous opposons à une réforme de l'ordonnance de 1945 qui mettrait fin à la spécificité de la justice des mineurs et à la primauté de l'éducation sur la répression à l'égard des jeunes auteurs de délits.

Nous réaffirmons que les Etablissements Pénitentiaires pour Mineurs ne sont pas des structures éducatives, ce sont des prisons destinées à faciliter le recours à l'incarcération ; parce que nous avons une autre ambition pour la jeunesse nous appelons à leur fermeture et au redéploiement des budgets au bénéfice des structures réellement éducatives.


signer la pétition
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# Posté le mercredi 04 mars 2009 16:43

Suicides en prison....."le nombre de tentatives a atteint des proportions jamais vues".

Metz : dans la prison des pendus

Le suicide du jeune Nabil, survenant après une vague de tentatives au quartier des mineurs, a déclenché une vive polémique entre Rachida Dati et le monde judiciaire. Marie-France Etchegoin et Stéphane Arteta ont enquêté sur place. Ils démontrent l'engrenage infernal à l'oeuvre dans cet établissement que la ministre citait en modèle

Il le voit d'abord à travers l'oeilleton. Un corps inerte. Le corps d'un adolescent. Son visage livide, son cou étranglé par une corde faite de draps... «Encore un», se dit le gardien. A moins qu'il n'ait pas le temps de penser. Il court dans le couloir. Vite, prévenir le chef de la détention. Vite desserrer le noeud, appeler les secours, faire le bouche-à- bouche en attendant le Samu... Mais Nabil est déjà mort. Il avait à peine 16 ans. C'était le 6 octobre, au quartier des mineurs de la prison de Metz.
Le lendemain, dans les dépêches d'agence, Nabil, dont on ne donne pas le nom, est juste le 87e suicidé de l'année. Un mort de plus sur la longue liste des drames carcéraux généralement voués à l'oubli. S'il a droit à quelques lignes de plus que les autres, c'est parce que l'enquête sur son suicide aussitôt ordonnée par Rachida Dati va mettre le feu à la magistrature. Ce n'est pas la disparition de Nabil qu'on pleure. On se lamente sur les inspecteurs diligentés en urgence, les juges convoqués nuitamment, les pressions du garde des Sceaux. Protestations, manifestations, haro sur Dati.
Et Nabil ? Que s'est il exactement passé au quartier des mineurs de la prison de Metz, dans la soirée du 6 octobre ? Rien ou presque ! Quelques jours après le décès, l'inspecteur général des Services judiciaires remet son rapport, dont seule la conclusion sera rendue publique : «Aucun grief ne peut être fait tant aux magistrats qu'aux surveillants.» L'inspecteur n'en dira pas plus. Ni l'administration pénitentiaire ni la chancellerie. Il faut à tout prix éteindre la colère des magistrats, ne pas provoquer les surveillants au bord de l'explosion. Surtout ne pas faire de vagues. Pourtant, la fin tragique de Nabil ne ressemble pas à celles qui endeuillent régulièrement les prisons françaises. Les suicides de mineurs en détention sont rares depuis dix ans : un en février dernier à Meyzieu, un autre en 2004. Nabil est mort parce qu'un terrible engrenage s'est mis en place dans la prison de Metz. Un «jeu» macabre que nul n'a su arrêter. La chronologie des faits est implacable.

Le mercredi 1er octobre, un mineur donne un coup de pied à un surveillant qui vient ouvrir sa cellule. Il est aussitôt envoyé au quartier disciplinaire, le QD. Le lendemain, à 21 h 15, il essaie de se pendre. Le psy ordonne de le remonter dans sa cellule. «Il est inapte au mais apte à la connerie», râlent les gardiens. Le samedi 4 octobre, un autre mineur tente d'étrangler un codétenu en salle d'activités. Direction le QD. Il y fait une tentative de suicide à 21 h 20. Psy. Retour en cellule. Les surveillants exigent tout de même une sanction : ils enlèvent le poste de télé installé dans sa cellule. Le détenu s'accroche à nouveau avec ses draps. Re-psy. On le met avec un autre jeune... qui, lui, a la télé.
Le lendemain, 5 octobre, un autre mineur se passe la corde. Il s'appelle Nordine. Bientôt, il sera le 88e (après Nabil) sur la liste noire. Mais pour l'heure, on le décroche à temps. Il est 21 h 20. Nordine voulait être «doublé» en cellule avec un autre détenu. Accordé. Ce même 5 octobre, une bagarre éclate entre deux mineurs. Mtard pour l'un d'entre eux. Cette fois, c'est un gradé qui intervient : «Sortez-le tout de suite. L'ambiance est trop tendue, ce n'est pas le moment...» Colère des gardiens. «Ca suffit de les traiter avec des pincettes. De se laisser terroriser. Il ne faut plus céder, même au risque du suicide. Qu'ils assument leurs actes», clament les plus remontés. Deux d'entre eux pondent un tract qu'ils affichent dans la prison : «Quoi faire quand on ne peut pas faire ce pour quoi on est fait ? Parapluie, parasol, comme tu les tiens, le psy. Comme tu donnes du pouvoir aux mineurs et comme tu ridiculises les surveillants... Qu'attend la direction pour faire partir les perturbateurs ? Quel dimanche de merde !»

Le lundi sera pire. Ce 6 octobre, Nabil ne veut plus partager sa cellule avec Tristan (*). Il réclame Abdul (*), un ami d'enfance. Les gardiens tiennent bon : «Ce n'est pas à toi de choisir ton codétenu. Tu restes avec Tristan. Ou si tu ne t'entends pas avec lui, on te met seul. On ne peut pas faire plus.» Nabil opte pour la seconde solution. A quelle heure commence-t-il à confectionner une corde avec ses draps ? Quand un gardien ouvre sa cellule à 21 h 35, l'adolescent est mort.
21 h 15 et 21 h 20, pour les trois premières tentatives de suicide. Quinze minutes après pour Nabil. «Dans chacun des cas, la mise en scène est la même, note le rapport de l'Inspection générale. Les adolescents attendent l'arrivée des rondiers [les surveillants qui font leur tournée dans les couloirs], les pieds touchant le sol. Ils se lâchent, c'est-à-dire se laissent glisser par terre, quand les rondiers sont à proximité de leurs cellules. Dans un des cas, le noeud s'était même délié.» Les quatre mineurs avaient calé leurs pendaisons sur le rythme de rondes de nuit. Deux surveillants seulement pour l'ensemble de la prison (plus de 400 cellules, près de 500 détenus !), qui passent environ toutes les deux heures.
Pour raison de sécurité, ils n'ont pas les clés sur eux. En cas d'urgence, c'est un gradé qui vient ouvrir la porte. Le temps d'aller le chercher, de revenir : autant de minutes perdues... Les trois premiers mineurs ont été sauvés. Pas Nabil. A-t-il trop serré sa corde ? Il n'était pas suicidaire, selon l'inspection. A-t-il mal calculé le moment où il s'est «lâché» ? Pourquoi sa cellule a-t-elle été ouverte plus tard que celles des trois autres ? Tous les soirs, à peu près à la même heure, un mineur faisait une tentative. A toutes ces questions, l'inspection ne répond pas. L'administration pénitentiaire applique l'omerta. La directrice de la prison, sollicitée par «le Nouvel Observateur», n'a pas été autorisée à s'exprimer par sa hiérarchie.
Comment en est-on arrivé là, à ce rapport de force pervers entre des adultes impuissants et humiliés et des jeunes qui jouent avec leur vie pour les défier ? Tout a commencé l'été dernier.
Samedi 9 août, cour du quartier des mineurs. Gilles Menicucci est à bout. Dans sa longue carrière, ce surveillant qui fait office de moniteur de sport n'a jamais vu ça. Ce samedi encore, les gamins se tabassent au lieu de taper dans le ballon. Il a même fallu en envoyer à l'hôpital. «Bientôt il y aura un mort», répète le moniteur. Les surveillants sont «dépassés» par 14 mineurs. Pas de sureffectif (le quartier compte 26 cellules), mais un nombre de «pensionnaires» plus élevé que d'habitude, transférés des établissements voisins. Nancy vient de fermer sa section jeune, celle de Mulhouse est bondée. Au dire des gardiens de Metz, on leur a confié les «plus terribles», ceux «qui pourrissent une détention» : les «patates chaudes», comme on dit. En plus, ils ont «formé des clans», Nancy contre Metz contre Mulhouse. Quand ils ne se battent pas entre eux, ils menacent leurs gardiens. Insultes et jets de pierre. Ou alors ils les narguent. «Ils se branlent sous la douche en nous regardant droit dans les yeux.»
C'est dans cette «pétaudière» que Nabil arrive, fin juillet. Il s'est fait pincer en janvier avec 250 grammes de cannabis, au volant d'une voiture «empruntée». Au tribunal de Sarreguemines, il est connu pour d'autres délits mais «on l'aime bien». On le décrit comme «intelligent, souriant, jovial». En attendant le procès, le juge des enfants l'a envoyé dans un centre d'éducation renforcée (CER). Après plusieurs fugues, il a été placé en centre éducatif fermé (CEF), dernière étape avant la prison. Nouvelle cavale. Il écope d'un mois de prison ferme. Les magistrats espèrent un «électrochoc». De fait, à la prison de Metz, Nabil est sage. Il ne fait pas partie de ces «petits caïds» qui rendent fous les gardiens. Qui demandent sans cesse à changer de cellule. Qui s'amusent à obstruer les oeilletons. Qui «taxent» des clopes aux majeurs. A chaque incident, les gardiens doivent remplir un formulaire (la «traçabilité», la direction «veut se couvrir»). Il leur faut composer avec les psys. Se plier aux «lubies» en vogue : «On leur fait faire de l'équithérapie. Une riche idée, l'évasion par le cheval !» Les gardiens ont le sentiment que tout est fait pour saper leur autorité.
Le 14 août, le moniteur de sport craque. Il prend sa plus belle plume et écrit à Rachida Dati (voir p. 50). «Si rien n'est fait, prévient-il, il est à craindre qu'un drame puisse se dérouler d'un côté comme de l'autre.» Les services du garde des Sceaux disent aujourd'hui ne pas avoir souvenir de ce courrier. Mais le mono a aussi envoyé sa missive à une quarantaine de députés, dont dix ont à leur tour saisi la ministre. Le 29 août, Rachida Dati se rend à la prison de Metz. Pour inspecter la «pétaudière» des mineurs ? Non, pour vanter les dernières réalisations du centre de détention : Metz est un «site pilote» dans l'application des nouvelles règles européennes, notamment pour la séparation des prévenus et des condamnés. Metz, qui a déjà connu trois suicides depuis le printemps chez les majeurs, et où deux surveillants du quartier des mineurs se sont suicidés en 2005 après une histoire de harcèlement, est érigée en «prison modèle». Rachida Dati a-t-elle lu les lettres des députés ? En tout cas, elle n'ira pas au quartier des mineurs. Elle n'entendra pas la plainte des surveillants. Elle ne verra pas que les moins de 18 ans sont incarcérés au même étage que... les délinquants sexuels et les pédophiles, une aile baptisée «le ghetto».
La situation, pourtant, s'aggrave de jour en jour. A la fin de l'été, le moniteur de sport n'a toujours pas reçu de réponse à sa lettre. Et les gardiens multiplient les sanctions : suppression de la télé ou quartier disciplinaire pour les plus de 16 ans. Une spirale sans fin, mais l'administration pénitentiaire n'a pas trouvé mieux. Et les choses ont dérapé. Les punitions ne marchaient plus. «A la moindre brimade, ils ont commencé à se mettre la corde. En septembre, le chantage au suicide est devenu quasiment journalier. Ils disaient : «Si tu te pends, tu as ce que tu veux.»» Chantages ou appels au secours ? Une épidémie, en tout cas. «Le nombre de tentatives a atteint des proportions jamais vues dans d'autres quartiers de mineurs», explique Rémi Pierron, responsable régional de l'Ufap. Et personne n'est venu briser le cercle vicieux.
Nabil aurait pu y échapper. Début septembre, après avoir purgé son mois de détention, il quitte ce huis clos morbide et retourne dans un CEF où le juge des enfants s'est battu pour lui garder une place, avant son procès. Et les places y sont chères : éducateurs - un par jeune -, activités obligatoires... Mais Nabil s'échappe encore une fois. Le jour de son procès pour trafic de stup, il est dans la nature. Il prend six mois d'emprisonnement. Repris quelques jours plus tard, il est ramené au centre de détention de Metz. Il lui reste quatre jours à vivre.
L'histoire ne s'arrête malheureusement pas là. Le lendemain de la mort de Nabil, Nordine, l'un de ceux qui avait fait une tentative de pendaison dans les premiers jours d'octobre, se taillade les veines; il est transféré à la prison de Strasbourg. A Metz, on respire. Nordine est une «patate chaude». Il a fait tous les établissements du coin. Incarcéré pour la première fois à l'âge de 14 ans, il a un CV long comme le bras. Plus d'une centaine de délits, pour la plupart des vols. Il ne supporte pas la contrainte, et encore moins les barreaux. En avril 2008, alors qu'il lui reste un mois et demi à purger, il profite de sa première sortie en centre équestre (la fameuse «équithérapie») pour sauter de la voiture. Rattrapé, puis jugé pour évasion, il prétexte une envie pressante et... s'enfuit par la fenêtre des toilettes. Il est repris. Bilan : quatorze mois de plus pour ses deux cavales ! Plus huit mois pour des affaires pendantes. Enfermé jusqu'en 2010. Dès lors, Nordine devient «ingérable ». Selon les gardiens de Metz, il aurait été l'un des «meneurs» du mois d'août. «Les surveillants l'avaient pris en grippe, dit sa soeur Linda, en BTS après des études de psycho. Ils l'accusaient même de ce qu'il n'avait pas fait.»
Quelques jours après son transfert à Strasbourg, le 9 octobre, Nordine s'est passé une rallonge électrique autour du cou. Selon sa famille, il l'a accrochée au support d'une télévision. Ces supports, appelés «potences» dans le jargon carcéral parce que nombre de détenus s y sont pendus, ont pourtant été proscrits dans le cadre du plan antisuicide de 2003. A 13 h 45, ses pieds se balançaient dans le vide. Il mourra après quelques jours de coma.
Aujourd'hui, le père de Nordine se demande pourquoi l'administration pénitentiaire ne l'a jamais informé du «jeu» mortel auquel se livrait son fils. Il a voulu l'enterrer au Maroc. Le juge de Nabil dit qu'il ne sait pas s'il pourra remettre un gosse en prison. Quand il a appris sa mort, il a annulé ses audiences pour aller pleurer. Le surveillant qui a décroché l'adolescent est en arrêt maladie. Au quartier des mineurs de Metz, les effectifs n'ont pas été renforcés, mais lorsqu'un nouveau détenu a menacé de se suicider la direction a ordonné qu'un surveillant reste posté toute la nuit devant le mitard, l'oeil rivé à l'oeilleton. Certains gardiens prétendent que le calme est revenu, que les mineurs cette fois «ont compris». D'autres pensent que tout peut recommencer demain. Quant à Nabil et Nordine, ils n'occupent plus la dernière place sur la liste des suicidés. Depuis, cinq autres détenus ont mis fin à leurs jours dans les prisons françaises.

(*)Tous les prénoms des mineurs, exceptés Nabil et Nordine, ont été changés.


Rachida Dati

Le 29 août, Rachida Dati visite la prison de Metz-Queuleu, l'un des «sites pilotes» en France pour l'application des règles pénitentiaires européennes. Elle a choisi cette «prison modèle» pour présenter son projet de loi pénitentiaire qui sera soumis à l'Assemblée début 2009.


92 décès

Avec 92 décès depuis le début de 2008, la courbe des suicides, qui avait baissé de 20% depuis 1996, repart à la hausse. Selon l'administration pénitentiaire, la couverture médiatique ferait grimper les statistiques en provoquant un effet d'entraînement. La ministre de la Justice s'est pourtant rendue à Metz au lendemain de la mort de Nabil, le 6 octobre, entourée d'une foule de journalistes.


Aurélie Filipetti

La député de Moselle Aurélie Filippetti (PS) a visité cette semaine la prison de Metz. Choses vues : «Sur l'étagère, son surnom, «Neb's», est encore gravé. Onze mineurs à Metz. Les cellules - individuelles - sont jaunes et désespérantes, au même étage que les adultes «fragiles» (souvent auteurs d'incestes). Dès 16 ans, les punitions peuvent conduire au mitard : réduit grillagé puant, le même que pour les adultes. Trop de communication possible avec les adultes (500 dans la prison). La crainte, à 18 ans, de passer au Grand Quartier, où les ex-petits durs se font tabasser. En dehors des jours de classe, pas grand-chose à faire pour des gamins dont certains ont grandi en prison depuis l'âge de 13 ou 14 ans. Depuis «l'affaire», la Protection judicaire de la Jeunesse a obtenu un troisième poste tant attendu, deux gamins ont été envoyés en hôpital psychiatrique.



Marie-France Etchegoin, Stéphane Arteta

Le Nouvel Observateur
Nº2295
SEMAINE DU JEUDI 30 Octobre 2008
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# Posté le mercredi 04 mars 2009 17:21

La réforme au grand galop : Le projet de loi pénitentiaire de Mme Rachida DATI, garde des Sceaux, ministre de la justice, déposé au Sénat le 28 juillet 2008

 La réforme au grand galop : Le projet de loi pénitentiaire de  Mme Rachida DATI, garde des Sceaux, ministre de la justice, déposé au Sénat le 28 juillet 2008
pour consulter les textes du projet de Loi pénitentiaire cliquer ici




Aucun ministre de la Justice n'a mené autant de réformes en aussi peu de temps», dit Rachida Dati. C'est précisément ce que lui reprochent ses détracteurs : elle va trop vite, trop loin. Elle a réformé la carte judiciaire et présentera bientôt à l'Assemblée une loi pénitentiaire. Des projets promis depuis des années par la droite et la gauche. Mais on lui reproche son absence de concertation et l'incohérence d'une politique jugée trop répressive.
Ses amis font observer qu'elle applique les promesses électorales du candidat Sarkozy : réforme de la carte judiciaire, peines planchers, rétention de sûreté, poursuite du plan de construction de prisons, réforme de l'ordonnance de 1945 sur les mineurs... Rachida Dati a fait voter une loi instaurant des peines minimales pour les récidivistes; les majeurs, mais aussi les mineurs de 16 ans et plus. Et désormais un détenu condamné, refusant une injonction de soins, ne peut plus bénéficier de la libération conditionnelle. Les juges restent certes libres d'appliquer ou non les peines planchers, mais beaucoup dénoncent la pression exercée par la garde des Sceaux avec sa politique du chiffre.
Avec la loi sur la rétention de sûreté, des détenus condamnés à une peine de réclusion criminelle de quinze ans ou plus ayant purgé leur peine peuvent être maintenus en prison s'ils sont considérés comme dangereux. En clair, comme l'a souligné Robert Badinter, une personne restera enfermée «non plus pour les faits qu'elle a commis, mais pour ceux qu'elle pourrait commettre».
Dati peut rappeler qu'elle veut favoriser les aménagements de peine et les sanctions alternatives (bracelets électroniques... ) et qu'elle souhaite désengorger les prisons, les lois votées ces derniers mois contribueront inévitablement à engorger des établissements déjà surpeuplés.



Stéphane Arteta

Le Nouvel Observateur
Nº2295
SEMAINE DU JEUDI 30 Octobre 2008
# Posté le mercredi 04 mars 2009 17:16
Modifié le mercredi 04 mars 2009 17:56